Aller au contenu | Aller au menu | Aide - Accessibilité

La F.A.F. publie son 2e calendrier « choc » !

Publié le 26/01/2012 à 10:53

                                                                                     Logo FAF

L’an dernier la FAF publiait son calendrier 2011 sous une forme bien peu conventionnelle, en utilisant les photos de personnalités en vue de notre temps. Un trucage de ces photos les a pour la durée de la campagne, transformé en personnes aveugles. Ce faisant, notre Fédération n’a pas seulement voulu faire sensation, elle a choisi délibérément un procédé osé pour dénoncer une situation devenue insupportable.
Cette année, nous réitérons l’opération et de nouveau nous ne manquons pas d’audace.
Pour des raisons de coût, le calendrier a changé de format. Il met en scène 12 personnalités politiques, choisies parce qu’elles se sont engagées dans la course à la présidentielle et qu’elles sont des personnes comptant dans le paysage politique et médiatique français d’aujourd’hui. 
La thématique choisie cette année est « Confiance et conscience ». Une personnalité mise sous lunette noire avec canne blanche est aveugle et est accompagnée d’une autre, à qui elle est bien obligée de faire confiance.

Une double page pour deux mois, deux personnalités, une accroche et un message :

Janvier/Février :  Nicolas Sarkozy avec Dominique de Villepin

« Renouveler sa confiance ? »      À condition que… Le gouvernement fasse appliquer la Loi du 11 février 2005 dans sa globalité et notamment les dispositions qui prévoient l’accessibilité de tous les lieux publics d’ici 2015. Aujourd’hui, moins de 20% sont accessibles.

Mars/Avril : François Hollande avec  Martine Aubry

« Confiance dans la parole donnée ? »     À condition que… Les pouvoirs publics, malgré leurs promesses répétées, ne diminuent pas les crédits dévolus à la formation et à l’insertion professionnelle des personnes aveugles. Aujourd’hui, une sur deux est au chômage.

Mai/Juin : Marine Le Pen avec Jean-Marie Le Pen

«  Une confiance aveugle ? »     À condition que… Nous ne soyons plus considérés comme des citoyens de seconde zone, tels ces enfants aveugles qui reçoivent près de six mois après la rentrée scolaire leurs manuels scolaires en format adapté.

Juillet/Août : Jean-Luc Mélenchon avec Laurence Parisot

« Accorder sa confiance ?»     À condition que… Notre pays adopte une politique en faveur du livre adapté. Aujourd’hui, moins de 3% des livres édités le sont en braille. La dernière version braille du dictionnaire de langue française date de plus de 50 ans !

Septembre/Octobre : Nicolas Hulot avec Eva Joly

« Garder toute confiance ? »      À condition que… L’État ouvre les yeux sur l’urgence sanitaire que constituent la cécité et la malvoyance qui, avec la maladie d’Alzheimer, sont les fléaux de nos sociétés de demain : l’OMS prévoit d’ici 25 ans le doublement du nombre de malvoyants dans le monde.

Novembre/Décembre :  François Bayrou avec Jean-Louis Borloo

 « Une confiance réciproque ».     À condition que… Nos élus, nationaux ou locaux, prennent en considération les propositions de la FAF et nos compétences pour améliorer les conditions de vie quotidienne de plus d’un million de nos concitoyens.

En première page l’édito de Vincent Michel : « Confiance et conscience »


« Confiance » va être, sans nul doute, un des mots-clés de 2012.

Confiance dans nos institutions, confiance en nos représentants, confiance dans
notre économie…

Pour les personnes aveugles et déficientes visuelles, cette confiance se doit d’être quotidienne. Confiance en la personne à qui vous prenez le bras, confiance dans
l’accessibilité de nos rues, de nos transports, de nos villes ; confiance, surtout,
dans une société qui, à l’instar de sa devise gravée dans la pierre, clame ne
vouloir laisser personne sur le bord de la route.

Justement, cette confiance est aujourd’hui mise à mal. Par des lois peu ou pas appliquées ; par des engagements non tenus en matière d’emploi, de culture, d’éducation…

Une situation inacceptable qui fait qu’aujourd’hui, la vie est de plus en plus difficile pour les centaines de milliers de personnes aveugles et déficientes
visuelles de notre pays.

L’an dernier, à la même époque, la FAF créait l’événement en éditant un calendrier
où des personnalités politiques et des people étaient présentés en aveugles pour
alerter l’opinion publique sur nos conditions de vie.

Un an plus tard, parce que cette communication a permis de réveiller certaines consciences, nous poursuivons notre combat pour nous faire voir et entendre afin de transformer les promesses en actes.

Que ce combat, parce qu’il naît d’une confiance absolue en l’homme et en l’avenir,
soit aussi le vôtre. »


S’il fallait un coup d’audace pour réveiller certaines torpeurs et attirer enfin le regard d’une presse et d’une opinion publique sur une situation trop longtemps ignorée, la FAF ne regrette certainement pas d’avoir osé l’an dernier, au regard du gros succès médiatique qu’a rencontré notre calendrier 2011. Plus encore cette année nous devons nous mobiliser à la veille de voter pour celui où celle qui gouvernera notre pays et qui fixera de nouveau les grandes politiques nationales et notamment celles du handicap et de la solidarité.

Que des lois votées ne soient pas appliquées, que des enfants reçoivent leurs manuels scolaires plusieurs mois en retard du seul fait de leur cécité ou de leur amblyopie, que notre handicap nous interdise de lire l’essentiel de ce que les éditeurs produisent chaque année dans notre pays, qu’un déficient visuel sur deux se retrouve aujourd’hui sans emploi, que les matériels qui nous ouvrent l’accès aux autoroutes de l’information nous soient encore si coûteux, voilà autant de points concrets et indiscutables que les aveugles de 2012 n’acceptent plus sans réagir.

Et que l’on ne vienne pas nous répondre que la France est en crise et se trouve dans l’incapacité de répondre aux exigences que nous posons aujourd’hui avec peut-être un peu plus d’éclat qu’hier !

Chacun sait que notre pays, même s’il traverse comme l’ensemble des autres pays européens l’une des plus grave crise économique d’après guerre, demeure malgré tout ce que l’on peut lire ou entendre un pays riche, mais, et c’est certainement là que le bât blesse, aux richesses mal réparties.
Posons-nous une bonne fois pour toutes cette question : qu’est-ce qui pèse le plus sur les finances publiques ? Une personne aveugle « assistée » ou une personne aveugle qui travaille, produit et paie ses impôts ?

La réponse est indiscutable et en plus d’apporter sa part à la dynamique de l’économie nationale, cette personne aveugle qui travaille se verra revêtue d’une dignité que la situation «d’assisté » lui refuse.

Alors, cessons de discourir sur l’égalité des chances et travaillons concrètement à sa mise en œuvre.

Ce coup d’audace ne restera pas sans lendemain et d’autres actions, plus rudes s’il le faut, seront engagées cette année tant que droit ne nous sera pas fait.


Vincent MICHEL
Le Président

Haut de page