Aller au contenu | Aller au menu | Aide - Accessibilité

Attachée à la vie associative

L’Union des Aveugles est reconnue pour la qualité de ses services individualisés à la personne mal ou non-voyante. Mais cette action serait impossible sans l’affirmation de notre identité collective et sans notre représentation auprès des pouvoirs publics. Pour épauler nos militants dans ces tâches de plus en plus nombreuses et complexes, notre commission Communication a proposé le recrutement d’une attachée à la vie associative. C’est chose faite depuis avril 2007 avec l’arrivée de Nathalie GÉLIS MYR à trois quarts de temps, du mardi au vendredi. Je lui ai demandé en quoi consiste, au juste, son travail.

– L’administration de l’association ne doit pas vous prendre beaucoup de temps ?

– Beaucoup plus qu’on ne l’imagine ! L’association est créatrice et responsable des différents services d’accompagnement : elle doit donc être gérée de manière professionnelle pour faire valoir leurs résultats et leurs besoins auprès des financeurs. Cela implique que toutes nos réunions ne soient pas seulement des conversations à bâtons rompus, mais que les documents rédigés par le Secrétaire général soient archivés, consultables et communicables. Prenons l’exemple des procès verbaux de nos Assemblées Générales : très peu d’adhérents les lisent, mais ils sont vérifiés par l’expert comptable et le commissaire aux comptes au même titre que les documents financiers, transmis à la Préfecture et annexés à beaucoup de nos demandes officielles. Nous sommes aussi souvent obligés de citer mot pour mot des extraits de délibération de nos Conseils d’Administration, même si les comptes rendus entiers ne sont pas diffusés en dehors de l’Union.

– Vous êtes donc notre mémoire ?

– Disons que je tiens l’agenda, car tout cela doit être préparé en continu. Pour qu’une réunion soit harmonieuse et productive, il faut d’abord construire son ordre du jour avec le Président et le Directeur. Pour qu’elle serve à quelque chose, il faut aussi suivre les décisions prises, vérifier leur cohérence et tâcher de les mettre en pratique. Il faut également tenir à jour la liste des partenaires et celle des adhérents, à ne pas confondre avec celle des usagers. Par exemple, toujours pour les Assemblées Générales, nous convoquons les adhérents par courrier, mais nous informons aussi les usagers, ce que ne font pas toutes les associations. Le lieu et le traiteur doivent être réservés presque un an à l’avance ; surtout le traiteur, car à l’Union, il y a unanimité sur l’exigence gastronomique !

– Sérieusement, en plus de notre sensibilité gustative, la communication avec des personnes déficientes visuelles ne suppose-t-elle pas un gros travail d’accessibilité ?

– C’est mon deuxième grand domaine d’intervention, et c’est un chantier en constante évolution, notamment à cause des nouvelles technologies. Il faut y être attentif au quotidien pour une bonne compréhension mutuelle entre voyants et déficients visuels. Là aussi, c’est une question d’organisation : je fais des listes, pour savoir qui est informatisé, qui lit en braille ou en agrandi, qui préfère l’audio… Il faut aussi trouver la solution la plus efficace selon le type de document. Pour les échanges avec les adhérents, la base commune est le courrier en gros caractères avec un petit mot d’accompagnement en braille. Mais si besoin, j’ai une imprimante dans mon bureau et je peux transcrire en braille des textes plus longs. Pour les courriers officiels que reçoivent les administrateurs, cela va de la simple lecture en direct jusqu’au scannage avec sauvegarde en mode texte pour qu’ils puissent conserver le mot à mot des lettres importantes.

– Là, l’informatique vous donne un bon coup de main ?

– Oui, mais à condition d’être adaptée. Dans le cas des courriels, il faut rendre l’objet très explicite pour ne pas faire perdre de temps aux personnes qui écoutent par synthèse vocale, ou encore grouper plusieurs informations dans un seul message. Je prends aussi trois bonnes heures pour adapter la version électronique de chaque numéro de Montpellier notre ville, en mettant des liens sur chaque article du sommaire. Et bien sûr, j’enregistre la version audio sur CD de tous les numéros d’Union Express et Union Info. Enfin, avec un de nos informaticiens, je mets régulièrement à jour notre site Internet accessible à tous : www.uahv-lr.com

– Et en sens inverse, pour la communication des administrateurs avec l’extérieur, comment cela se passe-t-il ?

– Là aussi, cela dépend des sujets. Je peux traiter seule et assez vite les questions purement administratives ou les courriers de remerciement, par exemple pour les donateurs du loto. En revanche, les demandes aux élus doivent être rédigées par le Président, et les échanges techniques, notamment en matière d’accessibilité, sont forcément traités par le référent de la commission. Dans ces derniers cas, je peaufine la mise en forme, j’envoie au destinataire et je transmets copie aux administrateurs concernés pour qu’ils disposent d’un dossier à jour. Le but est qu’ils puissent travailler le plus possible directement, sans passer par moi.

– Vous n’êtes donc pas la secrétaire de chaque administrateur ?

– Et non ! car il me faudrait plusieurs vies, et où serait l’autonomie des personnes handicapées ? Je suis plutôt l’accompagnatrice des actions nouvelles, ou des actions considérées comme prioritaires par le Conseil à un moment donné, et conduites par tel ou tel administrateur. Ce rôle est bien illustré par ma troisième grande mission : l’accompagnement dans les réunions à l’extérieur. Il serait à la fois impossible et négatif que je le fasse pour la totalité des nombreuses instances auxquelles participe l’Union. Je le fais donc chaque fois qu’il y a une difficulté prévisible, c’est-à-dire quand le cadre est nouveau ou exceptionnel. Par exemple, cela a été le cas en 2008 pour le comité Tourisme et handicap, mais en 2010, j’ai surtout suivi l’enquête sur les Maisons Pour Tous de Montpellier conduite par notre commission Loisirs avec les étudiants de l’IRTS (Institut Régional du Travail Social).

– Enfin, votre dernière grande tâche est le développement et la gestion des programmes d’animation : à quoi cela correspond-il ?

– Cela commence par le suivi du travail de nos commissions, là encore, souvent pour des questions d’agenda. Dans le cas des loisirs, il faut lisser les dates sur l’année, planifier la logistique, penser aux délais d’information et d’organisation des participants, pour leur transport par exemple. Dans le cas de l’accessibilité, les autorités politiques ou administratives nous sollicitent très souvent à la dernière minute, ce qui oblige à gérer des urgences là où il pourrait très bien ne pas y en avoir. Récemment, il y a surtout eu l’organisation des quatre-vingts ans de l’Union ou des vingt ans des services Enfants. Ces moments de partage sont essentiels, car ils créent du lien entre les militants, les salariés, les adhérents et les usagers. Un de mes prochains chantiers va être de trouver des occasions pour rendre ces rencontres plus régulières.

– Quels sont donc vos autres prochains chantiers ?

– Avec notre nouvelle commission Bénévolat, il faut structurer un vrai réseau de collaborateurs voyants qui renforcera l’action de nos administrateurs. Et, bien sûr, poursuivre le travail sur les adhésions, qui est crucial pour que l’Union soit représentative des personnes déficientes visuelles qu’elle défend. Le nombre d’adhérents était de 135 en 2005, il est monté à 221 l’an dernier. Mais c’est un fil qu’il faut tisser et retisser constamment.

Propos recueillis par Bertrand VERINE

Haut de page